Procédures Cliniques : Articulateurs

 

  -D- ARTICULATEURS: DU MÉCANIQUE AU VIRTUEL

Fig. D22: Un système de CFAO est composé de trois parties. Une première unité réalise la prise d’empreinte optique 3D. Une seconde unité réalise le traitement numérique des empreintes obtenues. Elle est associée à un articulateur virtuel et un logiciel de conception prothétique. Une troisième unité est chargée de la réalisation prothétique. 

Artic crâne

Fig. D23a: L’articulateur mécanique a eu pour objectif  d’être un simulateur des mouvements mandibulaires. Pour y parvenir ses caractéristiques mécaniques ont été calquées sur celles des constituants de l’appareil manducateur. L’enregistrement et le report d’un certain nombre de paramètres cliniques de référence sont censés permettre de le régler afin qu’il devienne un clone externe de l’appareil manducateur et qu’il fonctionne de façon identique. Mais la réalité est sensiblement différente

Articulateur 1

 

 

 

Fig. D23b:L’imagination des concepteurs d’articulateurs a été presque sans limite, mais sans pour autant en modifier le principe.

 

 

Résumé: Dans le cadre de l’occlusion statique, les articulateurs mécaniques sont fiables et souvent indispensables. Dans ce contexte, le montage sur articulateur peut être utile ou nécessaire à l’analyse occlusale, au choix de la dimension verticale, à la détermination  de la relation intermaxillaire, au réglage de l’O.I.M. et aux réalisations prothétiques. 

Mais en ce qui concerne les mouvements dynamiques, les articulateurs classiques, réglés selon le modèle gnathologique, sont incapables de simuler le rapprochement des dents postérieures pendant la mastication et tout spécialement pendant l’entrée dentaire des cycles. Les articulateurs adaptables tendent à améliorer cette simulation, mais l’équilibration finale doit toujours être vérifiée et finalisée dans la bouche du patient. 

Les empreintes optiques et la simulation numérique associés à la CFAO (conception et fabrication assistée par ordinateur) peuvent-ils faire mieux? Quelles sont  leurs perspectives de développement?

Les Articulateurs Mécaniques

L’enregistrement et la reproduction de la mastication en dehors de la bouche du patient est un challenge qui n’a pas été résolu de façon satisfaisante par les techniques classiques.

Les articulateurs mécaniques sont le moyen privilégié de simulation externe de la cinétique mandibulaire pour une analyse occlusale ou une réalisation prothétique, de moyenne ou grande étendue.

Mais sous le terme “articulateur” sont regroupés des matériels de conception et de réalisation très diverse, allant de l’occluseur à charnière, à l’articulateur entièrement adaptable.

Lors de l’analyse et de la reconstruction statique de l’occlusion, les articulateurs mécaniques sont des instruments fiables et précis (Relation Inter-Maxillaire, Dimension Verticale et O.I.M.). Les articulateurs les plus simples sont capables de reproduire les relations occlusales statiques et de montrer les rapports d’occlusion vestibulaires et linguaux lors de l’analyse occlusale.

Par contre, lors des mouvements dynamiques, leur conception même, limite leurs possibilités cinétiques aux seuls mouvements de latéroclusion (latéralité, en protection canine) et de proclusion  (propulsion, en contact dentaire). Leur capacité  à simuler, de façon optimale, la cinétique mandibulaire fonctionnelle est très inégale. Bien plus, la façon dont ils sont effectivement programmés et utilisés, peut améliorer ou fausser cette capacité de reproduction. En effet, ces articulateurs sont  généralement pré-réglés ou réglés sur des valeurs arbitraires ou moyennes. Et dans ce cas, leur capacité à reproduire la cinétique propre à un patient ne peut être que le fruit du hasard compte tenu de la variabilité importante affectant les formes anatomiques dentaires et les valeurs des paramètres condyliens.

Fig. D24: Les boitiers  des articulateurs ne sont pas compressible, contrairement à l’articulation humaine pendant la mastication. Les articulateurs classiques sont donc incapable de simuler le rapprochement des dents postérieurs, ce qui ne permet pas l’équilibration de leurs guidages de mastication.

Lorsque les articulateurs semi-adaptables et adaptables sont réellement programmés, par axiographie, ou l’utilisation de “chekbite” intra-buccaux, c’est par l’enregistrement de positions particulières, des trajets excentriques, de proclusion (propulsion, en contact dentaire) et de latéroclusion, demandés aux patients. Les articulateurs  programmés selon ces techniques traditionnelles sont aptes à reproduire les mouvements de proclusion et de latéroclusion (mais qui sont de sens inverse de la mastication, avec un recrutement musculaire différent). Ce qui les rend incapables de simuler toute la finesse des phases dentaires des cycles de mastication, car les secteurs cuspidés  ne sont pas en contact (Fig.D24 ). De ce fait, il leur est impossible de mettre en congruence les facettes fonctionnelles des dents postérieures, guidant les cycle de mastication et qui sont souvent bien visibles sur les moulages. L’analyse occlusale des secteurs postérieurs devient aléatoire et lors de l’élaboration prothétique, le risque de réaliser des restaurations postérieures en sous-guidage ou en surguidage partiel ou total est très important, car elles ne peuvent pas être vérifiés sur l’articulateur (les prothésistes ont l’habitude de démonter les moulages et de les manipuler pour essayer de compenser cette carence).

Fig. D25a:Certains articulateurs adaptables permettent le rapprochement des faces occlusales dents postérieurs, mais pas toujours dans la bonne position, comme ici, ou la mandibule est trop reculée et empêche le rail de  guidage partant de la cuspide dispo-vestibulaire de fonctionner, car il n’est pas à sa place entre la cuspide centro et disto-vestibulaire mandibulaire.

Des techniques de programmation ou des modifications dans la conception des articulateurs ou de leurs boitiers articulaires, ont été développées pour permettre une meilleure simulation des mouvements de mastication. Ces techniques, bien connues aujourd’hui, sont développées dans l’ouvrage “La Fonction Occlusale” (Ed. CDP).  Mais elles sont relativement difficiles à mettre en œuvre et nécessitent un protocole méticuleux et une excellente coordination avec le laboratoire.

En pratique de nombreuses erreurs sont constatées lors des manipulations:

  • lors des prises d’empreintes:  Il est souvent observé secondairement sur les moulages:  des zones de tirage, de déformation, la présence de bulles…si les porte empreintes ne sont pas bien adaptés ou mal préparés et si la technique de prise d’empreinte est approximative. Si les empreintes (alginate) ne sont pas coulées rapidement, le risque de rétraction est élevé.
  • Lors de l’enregistrement sur le patient des paramètres cliniques de réglage. Les erreurs  d’enregistrements des rapports intermaxillaires sont également non négligeables.
  • Lors du montage sur articulateur:  la dilatation du plâtre risque de modifier légèrement la position des modèles et donc les rapports d’occlusion.
  • lors du paramétrage des articulateurs au laboratoire… la liste n’est pas limitative.

Ces erreurs sont le lot commun de la pratique clinique et faussent l’enchaînement des étapes successives de précision. L’enregistrement et la reproduction d’erreurs ne peut que conduire à des restaurations approximatives.

Il est donc toujours nécessaire de faire une vérification lors de la pose, d’abord en ajustant la relation inter-maxillaire et l’occlusion statique, puis en simulant la mastication que les articulateurs ne savent pas reproduire. Ce qui a pratiquement toujours pour conséquence de contraindre à des retouches parfois importantes, par addition et/ou par soustraction, ce qui est le contraire de l’objectif recherché.

Un des avantages déterminant des empreintes optiques et de la modélisation 3D est de supprimer une bonne partie de ces erreurs, d’obtenir des modèles fidèles qui vont permettre ensuite la réalisation par CFAO (usinage ou imprimante 3D) de restaurations  beaucoup plus de précises, A condition que les articulateurs virtuels soient adaptés à la reproduction de la mastication.

Le présent et l’avenir appartient à ces techniques numériques. C’est pourquoi elle vont être privilégiées dans le chapitre suivant, aux dépens des articulateurs conventionnels.

L’empreinte optique, l’articulateur virtuel et la CFAO

Principes généraux de la modélisation 3D

IMG_2940b  Duret ref numérisation2

Fig. D26a, D26b :L’enregistrement d’un nombre de points élevés permet de définir une armature virtuelle représentant l’enveloppe anatomique de la dent et dont la déformation fine et coordonnée est facile, pour l’adapter aux antagonistes et à leur cinétique fonctionnelle.

 

Le principe de base de la modélisation 3D appliquée à une dent est l’enregistrement des coordonnées d’un maximum de points de références régulièrement espacés à la surface du volume à enregistrer. Cet enregistrement est généralement réalisée par une caméra enregistrant dans le spectre visuel ou autre. Ces points reliés entre eux, vont constituer une trame en 3D supportant une sorte de peau numérique, masquant son existence. Plus le nombre de points enregistrés est important, mieux le volume enregistré est défini. La déformation de cette trame, permet de modifier l’anatomie de la dent, de façon coordonnée et progressive. Cet enregistrement peut être étendu aux dents voisines, à l’hémi-arcade, à l’arcade entière et aux antagonistes. Des références anatomiques plus générales permettent d’aligner et de relier les unités dentaires avec leurs voisines. Ce sont (Fig D26):

– les lignes de plus grand contour des dents,vestibulaires et palatines (ou linguales),

– la lignes de crêtes délimitant la table occlusale en passant par les pointes de cuspides et sillons, des cuspides vestibulaires et palatines (ou linguales),

– la ligne mésio-distale reliant le fond des sillons de la face occlusale.

– les lignes de fond de sillons intercuspidiens  vestibulaires, occlusaux et palatins, ainsi que les lignes de bombé des versants cuspides. Toutes reliés les aux lignes précédentes.

En simplifiant, l’exploitation de tous ces paramètres permet aux dents d’être déformées soit individuellement soit collectivement: pour adapter l’anatomie individuelle d’une dent à reconstruire à celle des dents voisines et antagonistes, ou soit pour adapter collectivement l’anatomie de plusieurs dents à reconstruire à la forme générale des arcades du patient, et aux dents antagonistes et voisines. Il est évident que ceci concerne tout particulièrement l’anatomie  occlusale, d’un point de vue statique d’abord, puis dynamique ensuite.

La morphologie dentaire de référence a été enregistrée à partir d’un modèle d’anatomie considéré comme optimal (les dents du Louvre), La variabilité des différents types de morphologie dentaire est mémorisée, dans une banque de données anatomiques évolutive et adaptative, qui est régulièrement enrichie de nouvelles informations. Lorsque c’est possible, la comparaison, de l’anatomie des dents résiduelles du patient avec les modèles mémorisés, va permettre à la banque de données de proposer, pour les dents absentes à reconstruire, les formes mémorisées correspondant le mieux à la typologie des dents encore présentes.  En l’absence de dents, le type morphologique du patient, pourrait également être une référence de intéressante.

Cependant en fonction du cas, et de la personnalisation de l’usure dentaire et articulaire, les données proposées par la banque, devront leur être adaptées. En prenant en compte la corrélation fonctionnelle des facettes de guidage de mastication ,qui doit être en harmonie avec la cinétique articulaire, pour permettre aux cycles de retrouver leur amplitude optimale. Ce point, à ma connaissance, n’a pas encore été développé. Que pourra faire la simulation numérique, dans un premier temps, et que restera t’il à ensuite à régler en bouche? Nous ne le savons pas encore complètement.

L’empreinte optique

La prise d’empreinte optique est extrêmement précise et fiable. Elle permet de réaliser un modèle virtuel en trois dimensions, fidèle, manipulable et orientable dans toutes les positions. Ce type d’empreinte permet d’éliminer pratiquement tous les risques d’erreurs, liés à la prise d’empreinte, à la coulée des modèles et au montage sur un articulateur mécanique.

Plusieurs modèles de caméras optiques sont  actuellement disponibles sur le marché Européen.

  • Leur présentation et leurs poids sont différents
  • Les plus récentes ne nécessitent pas le poudrage des surfaces à numériser
  • Certaines caméras font partie de systèmes complets plus ou moins fermés, vendues avec leur machine d’usinage comme celui présenté figures 29 et 30 (Sirona® Cérec®). D’autres sont des systèmes ouverts. Dans ce cas, les caméras sont vendues seules avec leur logiciel de traitement et utilisent des “languages” industriels comme le STL ou le PY pour exporter leurs données, qui peuvent être lus par toutes les machines d’usinage, non fermées. La caméra Condor® du Pr Duret, ou la 3shape®, font partie de cette catégorie.
  • Les niveaux de performances de ces caméras sont également assez différents. L’évolution est extrêmement rapide.

Note: Lors des démonstrations ou pendant les travaux pratiques, les prises d’empreintes optiques sont souvent réalisées sur des moulages de plâtre.  Compte tenu du nombre d’erreurs élevé, observées sur les modèles issus d’empreintes classiques, lorsqu’ils sont comparés aux empreintes optiques directes, cette technique ne doit pas être appliquée à la réalisation de restaurations prothétiques ( technique semi-indirecte).

Sirona free powd SW 4.4          3M cam 2          Condor 2     Sans titre 3           IMG_2785 v

Fig. D27:A gauche la caméra Cerec Omnicam, ensuite la 3M True definition scanner, puis 2 photos du capteur Condor et le 3shape. Les caméras 3M et Condor sont les plus légères.

Sirona mpression -a

Image Condor 3-b

Fig. D28a,b:A gauche cliché 3D obtenu avec la Cerec Omnicam, a droite cliché 3D obtenu avec la Condor (la distorsion de l’image n’est évidemment pas due au capteur Condor).

IMG_2796 b -c

Condor 1-d

Fig. D28c,d: A gauche empreinte optique sectorielle provenant du capteur 3shape. A droite, arcade complète maxillaire (caméra Condor). Tous ces modèles virtuels peuvent être orientés à l’écran, dans tous les plans de l’espace. La reproduction des couleurs par les modèles issus des Condor® (28b,d) et 3shape® (28c), semble meilleure que celle de la Cerec® (28a).

Paramètres de l’Articulateur Virtuel. Incidence sur les Faces Occlusale

Les possibilités et les réglages des articulateurs virtuels, que j’ai  pu voir, sont copiés sur celles des articulateurs classiques.  Par contre, la virtualisation permet de modifier facilement leur modèle de fonctionnement. Nous allons analyser ces paramètres, pour chercher à savoir si les fabricants ont cherchés à améliorer et comment, les possibilités de leurs articulateurs virtuels pour leur permettre de simuler la mastication entre les dents postérieures.

Plusieurs paramètres peuvent être utilisés:

La cinétique complète et la forme du cycle: il semble bien que ce ne soit pas encore possible. Cependant même si c’était possible, dans une bouche à reconstruire, ou l’anatomie occlusale qui donne la forme aux cycles est détruite, les cycles résiduels, du patient, présenteraient une cinétique adaptative, souvent réduite à un simple cisaillement. Dans ces conditions, serait-il possible à partir d’un cycle adaptatif ou pathologique de reconstruire une anatomie occlusale fonctionnelle optimale?  la réponse est non. Actuellement, il faut d’abord reconstruire l’anatomie occlusale sur les dents résiduelles ou sur des restaurations provisoires, afin que le cycle puisse retrouver sa forme optimale et servir de référence.

l’anatomie occlusale: Lorsque le cycle est physiologique et que l’anatomie des dents voisines de la dent à restaurer est optimale, la solution est simple. C’est la cinétique de mastication de ces dents qui va permettre de retrouver l’anatomie perdue à reconstruire sur les arcades modélisées, à condition de simuler la cinétique et le rapprochement des dents postérieures lors de la mastication. La CFAO est capable de bien maîtriser cette situation.

Par contre lorsque l’anatomie occlusale des dents voisines est déséquilibrée ou perdue, il faut d’abord  reconstruire l’anatomie fonctionnelle des dents voisines pour rétablir un cycle optimal, avant de prendre la cinétique occlusale de ces dents comme modèle, pour reconstruire la face occlusale de la future restauration .

Lorsque l’anatomie occlusale est perdue, la forme du cycle est parfois réduite à un simple cisaillement. Il est cependant possible de retrouver sa forme optimale :

– A partir de la mémoire de forme articulaire du même côté, qui est souvent le seul paramètre permettant de retrouver et de reconstruire par addition, l’anatomie occlusales des premières molaires et suivantes, en coordination avec la cinétique articulaire. Rappelons que cette cinétique s’est inscrite dans la forme de l’articulation pendant la croissance, lors de la mise en place de la mastication adulte sur les couples de premières molaires des enfants.

– Si l’anatomie molaire et le cycle controlatéral sont optimaux, en numérique, il est possible de les inverser, pour les appliquer au côté déficient. Mais ceci est sujet à réserves, car l’anatomie articulaire et les cycles ne sont généralement pas parfaitement symétriques.

Dans tous les cas, ces paramètres sont propres à chaque patients, avec des faces occlusales bien individualisées. Ils ne peuvent pas être basés sur des valeurs moyennes qui n’ont généralement aucun sens pour un patient particulier.

Et comment les enregistrer:

Si l’enregistrement et l’utilisation d’un cycle complet pour la reconstruction occlusale n’est pas encore acquise, l’enregistrement précis des faces occlusales est totalement maîtrisé et peut servir de base à leur reproduction.

Si l’anatomie occlusale fonctionnelle de la dent à recouvrir est rétablie sur une couronne provisoire, une empreinte optique de sa face occlusale peut être prise et reproduite facilement et rapidement par CFAO  (mais pas encore en céramique sur une imprimante 3D)

L’empreinte optique partielle ou totale de l’arcade et de son antagoniste doit être réalisée en bouche pour une précision optimale.

La CFAO (Conception et Fabrication par Ordinateur)

Sur le cas de couronne unitaire présentée (figures D29,D31), lorsque la forme de la dent à reconstruire est validée, les modèles virtuels sont mis en occlusion à l’écran. La relation intermaxillaire est alors enregistrée par une prise d’empreinte optique des rapports d’occlusion, côté vestibulaire, à l’aide de la caméra.

Les données sont alors transmises: soit à la machine d’usinage qui va réaliser la couronne sur place, soit au laboratoire, par transmission internet. La réalisation peut donc être posée dans la même séance que l’empreinte, lorsque la machine d’usinage est au cabinet.

La couronne est usinée dans un bloc de céramique dont la teinte est uniforme, mais il existe des blocs à teinte dégradée. Le temps d’usinage actuel d’une dent est d’environ 24mn. La limite de cette machine est de 3 dents reliées (Fig 31 cliché central). Il est possible d’usiner des blocs beaucoup plus étendus sur des machines d’usinage de laboratoire. La finition et le maquillage doivent être réalisés ensuite.

Protocole Clinique

Fig. D29: Pendant les Travaux Pratiques, les empreintes ont été prises sur des  modèles à l’aide d’une caméra Cerec Omnicam (a), les rapports d’occlusion sont visualisés (c), la limites de préparation est tracée et validée (d). La forme de la couronne est proposée. L’emplacement et l’intensité des points de contact est choisie (e,f) . Puis la forme est validée.

Fig. D29 bis: Le logiciel permet de déformer et de réorienter la trame, pour établir l’OIM et coordonner les guidages avec les voisines, qui doivent être équilibrées au préalable (FGP fonctionnel).

Fig. D30: a La caméra 3shape® que j’ai pu prendre en main est d’un poids légèrement supérieur à la caméra Cerec® (ce pourrait être le principal inconvénient de ces deux caméras). Les zones imprécises qui nécessitent d’être “patchées” sont indiquées en vert (c,d,e). La qualité de l’empreinte et la gestion de la couleur sont de belle facture.

La prise d’empreinte optique est réalisée en déplaçant lentement la caméra sur les faces occlusales et les versants vestibulaires et linguaux ou palatin. Si des informations transmises à l’ordinateurs sont insuffisantes et laissent apparaitre des zones non enregistrées, il suffit de repasser la caméra sur ces zones qui seront patchées automatiquement par le logiciel. Une fois le modèle sectoriel unilatéral réalisé, il peut être étendu, si nécessaire, au secteur antérieur, puis au secteur contro-latéral, qui sont ensuite reliés pour former l’arcade complète. Le secteur ou l’arcade opposé est ensuite réalisé. Une fois numérisés en trois dimensions, les modèles peuvent être orientés dans toutes les positions, notamment pour observer leurs relations occlusales du côté palatin.

Le logiciel analyse alors la préparation, indique les zones en contre-dépouille et les retouches occlusales, éventuellement nécessaires au volume prothétique. Puis la forme de la couronne est proposée par le logiciel. La position et l’intensité des points peut être choisie à l’écran et modifiés si nécessaire. Le modèle mandibulaire peuvent être déplacés à l’écran, en opposition au maxillaire, grâce à l’articulateur virtuel qui a été amélioré par rapport à l’articulateur classique, car le rapprochement et les contacts entre les dents postérieures sont possibles, lors des mouvements dynamiques. Il est donc possible de simuler et de régler les guidages de sortie de cycle de mastication, mais avec une réserve pour l’entrée de cycle. Nous avons manipulé et observé que le réglage limité du mouvement de Bennet ne permet pas un recul suffisant de la mandibule pour que, lors de l’entrée de cycle, la 1ère molaire mandibulaire puisse entrer dans le rail de la cuspide disco-vestibulaire maxillaire. Ce problème logiciel devrait pouvoir être résolu sans difficulté, par les ingénieurs Cerec.

Lorsque la forme de la couronne est validée à l’écran, les empreintes virtuelles sont mise en occlusion et la relation intermaxillaire est enregistrée par une prise d’empreinte optique des rapports d’occlusion à l’aide de la caméra qui est déplacée progressivement sur la face vestibulaire. Le bon choix de la RIM est probablement la phase la plus délicate, selon François Duret, l’inventeur de la CFAO en 1976.

Fig. D31: Le bloc en céramique, de la teinte retenue, est fixé sur la machine d’usinage. La fabrication est ensuite lancée. Elle dure un peu plus de 20 minutes. La caméra et sa machine d’usinage forment un système fermé et totalement cohérent.

Fig. D32:  (a)La caméra 3shape® peut être connectée à toute machine outils industrielle (f) ouverte lisant les “languages” industriels comme le STL ou le PY, ou autres. (d) Le réglage occlusal montre des guidages de mastication cohérents, sauf peut être l’orientation des entrées dentaires de cycles qui ne semblent pas être suffisamment postérieures, comme sur la Cérec®. (c) L’empreinte d’un pilier implantaire, avant réalisation de sa prothèse unitaire, dans un bloc de céramique (e), sur la machine outils mes-core (f) 

Lava 3M cerec blocs  Bloc 3shape bloc brilliant CCM usinée cerec

-a-                                             -b-                                          -c-                         -d-                           -e-

Fig. D33:Chez 3M des blocs à usiner sont disponibles en composite Lava® (a), Il existe un choix de blocs important chez Cérec® (b). Un bloc 3shape® (c), puis un Coltene Brilliant Crios®. Une couronne usiné sur une fraiseuse Cérec®, en fin d’usinage (e) 

Les informations numériques sont alors transférées à la machine outil, si elle est sur place, ou transmises au laboratoire par internet.

La couronne est alors usinée dans un bloc de céramique de teinte uniforme ou dégradée. Sur la machine la plus rapide des quatre dont nous disposions, l’usinage d’une dent dure 24mn environ. Cette machine usinage peut réaliser jusqu’à 3 éléments contigus (fig D33b).

Fig. D34: Une caractéristique complémentaire de la caméra 3shape®, est la possibilité de prise de la teinte. Les zones indiquées en bleu, sont celles ou la prise de teinte ne peut pas être effectuée.  Ceci concerne des surfaces présentant des reflets trop brillants, ou un manque de luminosité, ou une incohérence de teinte, ou autres. Dans certains cas, il peut être nécessaire de repasser la caméra sur ces zones, en modifiant l’éclairage.

Des études indépendantes des fabricants, comparant les propriétés physiques des matériaux disponibles en CFAO, commencent à être publiées (Stawarczyk et al 2015-2016):

Compo CFAO g

Fig. D35: CFAO: QUALITÉS DU MATÉRIAU OPTIMAL – Résistance élevée à l’usure, abrasion des antagonistes faible et coordonnée. – Module d’élasticité semblable à celui des dents naturelles: dispersion équilibrée des contraintes mécaniques. – Résistance élevée à la flexion: solidité des restorations – Possibilité de modification orale et de réparation – polissage oral aisé – Absence de cuisson simplifiant la réalisation et les réparations. – Pérennité de l’esthétique et de la translucidité, sans décoloration – Système de collage fiable 

Compo CADCAM data

Fig. D36: Les données de certains fabricants sont parfois concordantes ou différentes des études indépendantes. 

Fig. D37: Protocoles cliniques de la CFAO, lors de travaux pratiques réalisés sur modèles

Lorsque l’addition de céramique sera maîtrisée sur les imprimantes 3D, ce qui n’est pas encore le cas, une autre étape sera franchie, à moins que la solution ne vienne des imprimantes 3D qui maitrisent déjà l’addition de métal, et qui pourraient y ajouter rapidement la céramique où les composites chargés type de type Lava® 3M ou Coltène Crios.

Par contre le fait que la conception soit faite sur des articulateurs inaptes à la reproduction de la mastication pose un réel problème. Des dispositifs d’enregistrement des mouvements masticatoires de façon indépendante comme le Modjaw (Fenlec et Jaisson 2018) représentent une solution bien plus cohérente. (voir l’ouvrage en ligne “La canine 60 ans après d’Amico mythe ou réalité” 2018. Lien de téléchargement direct: https://univoak.eu/islandora/object/islandora:71859/datastream/PDF/download/citation.pdf)

BIBIOGRAPHIE

  • Bohner et al. IADS 2015
  • Fenlec S. et Jaisson M. “Comprendre la CFAO 4D“  Info Dent. Fr. 2018 n°3, 24 Janv. 2018: p 3-8 
  • Stawarczyk B 1, Liebermann A, Eichberger M, Güth JF.   Evaluation of mechanical and optical behavior of current esthetic dental restorative CAD/CAM composites J Mech Behav Biomed Mater 55, 1-11 (2015- 2016)

1Department of Prosthodontics, Dental School, Ludwig-Maximilians-University Munich, Goethestrasse 70, 80336 Munich, Germany. Electronic address: bogna.stawarczyk@med.uni-muenchen.de.