Mastication : Rôle des muscles

   – C-  MASTICATION et INCISION: RÔLE des MUSCLES

La mastication comprend l’ensemble des interactions neuro-musculaires, dentaires et articulaires qui permettent la préparation buccale des aliments avant leur déglutition.

L’incision et la mastication constituent la première étape de la manducation


Fig. C2ab: Les muscles élévateurs, Temporal, Masseter et  Ptérygoïdien médian, sont principalement responsables de la préparation buccale du bol alimentaire. Le faisceau inférieur du ptérygoïdien latéral est partiellement responsable du déplacement transversal de la mandibule pendant la phase dentaire et principalement responsable de l’ouverture du cycle suivant. Le chef supérieur du ptérygoïdien latéral maintient les surfaces articulaires en relation fonctionnelle. 

La mastication est un acte unilatéral alterné caractérisé par une série de cycles successifs de la mandibule permettant la préparation bucccale du bol alimentaire avant sa déglutition. Les cycles de mastication ont une orientation centripète (Gibbs 1981 ; Lundeen et Gibbs, 1982) et ils sont organisés autour de l’O.I.M. du patient (Joerger et coll., 2012).

Fig. C3:  Ce schéma compare le recrutement musculaire durant une entrée de cycle droit et celui d’un mouvement de latéroclusion du même côté, dans une bouche en occlusion de classe 1 avec tout son potentiel de guidage. Pendant l’entrée de cycle, le recrutement des  muscles élévateurs, du côté mastiquant, permet d’expliquer le rapprochement progressif des dents postérieures, jusqu’au contact, lors les derniers cycles avant la déglutition. Durant le mouvement latéralité le principal muscle recruté est le chef inférieur du ptérygoïdien latéral controlatéral, qui est diducteur et abaisseur. C’est pourquoi le guidage est assuré par la canine droite, avec des dents postérieures bien séparées.  La situation est différente lorsque les dents sont usées et évoluent vers une occlusion plate avec des modes adaptatifs personnalisés et la perte complète des caractéristiques du modèle initial.

Leur cinétique résulte du recrutement des muscles élévateurs de la mandibule (Masseter, pterygoïdien médial et Masseter), responsables de l’écrasement des aliments. Au fur et à mesure de la préparation du bolus, les faces occlusales des dents postérieures se rapprochent jusqu’au contact dans les derniers cycles avant la déglutition. La simulation de la mastication est révélatrice de cette cinématique et du rapprochement progressif des dents postérieures.

Le mouvement de latéralité habituellement demandé aux patient a une orientation inverse et il est généralement guidé par la canine (D’Amico 1958, 1961). Le principal muscle responsable de ce mouvement est le ptérygoïdien latéral inférieur controlatéral. Ce muscle est abaisseur et diducteur ce qui permet d’expliquer la désocclusion précoce des dents postérieures observée lors de ce mouvement centrifuge (Lauret et Le Gall, 1994, 1996 ; Le Gall et coll., 1994).

Fig. C4  Ce schéma compare le recrutement musculaire durant une sortie de cycle droit et celui d’un mouvement de latéroclusion du côté contre-latéral, dans une bouche en occlusion de classe 1 avec tout son potentiel de guidage. Les deux mouvements ont la même orientation, mais les recrutements musculaires sont différents. Pendant la sortie de cycle, le rapprochement progressif des dents postérieures, jusqu’au contact est obtenue par la contraction des  muscles élévateurs, particulièrement le  ptérygoïdien médian.Il existe un léger guidage canin contre-latéral. Alors que lors du mouvement de latéralité le principal muscle recruté est le chef inférieur du ptérygoïdien latéral, abaisseur et diducteur, sans action élévatrice. C’est pourquoi les dents postérieures sont bien séparées côté droit, avec seulement un guidage canin contre-latéral. La situation est différente lorsque les dents sont usées avec la perte complète des caractéristiques du modèle initial.

Pendant le mouvement de proclusion, Les principaux muscles impliqués de façon symétrique sont les chefs inférieurs des ptérygoïdiens latéraux, qui sont propulseurs et abaisseurs et responsables du mouvement postéro-antérieur de la mandibule.La simulation à vide de la proclusion, montre seulement des guidages antérieurs, provoqués par le recrutement léger des masséter superficiels et temporaux antérieurs (élévation légère et propulsion) .

Pendant l’incision c’est différent. Les principaux muscles recrutés de façon symétrique, sont les élévateurs, mais seulement les élévateurs a composante rétropulsive et élévatrice  (Masséter profond ,moyen et temporal  postérieur, moyen). Cette action musculaire pendant l’incision provoque sur les dents antérieures des contacts et guidages antéro-postérieurs dominants, accompagnés précocément par des contacts et guidages postérieurs d’accompagnement symétriques.

Fig. C5: Pendant le mouvement de proclusion en orientation sagittale, les  chefs inférieurs des deux  ptérygoïdiens latéraux sont recrutés simultanément, Ils sont alors abaisseurs et propulseurs. Les faisceaux  élévateurs et propulseurs des temporaux antérieurs et Masséters superficiels, sont en  contraction réduite au maintien des antérieures en contact. Il n’y a pas de contacts postérieurs (sauf en cas de béance…). Pendant l’incision, les faisceaux élévateurs et rétropulseurs des masséters (superficiels, moyens) et temporaux (antérieurs, moyens) sont recrutés simultanément pour introduire le bol alimentaire dans la bouche. A vide, les guidages antérieurs sont dominants, mais il existe des guidages postérieurs d’accompagnement

 

Bibliographie

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