Mastication : Concepts Classiques

– C-  CONCEPTS USUELS   ÉVOLUTION DE L’OCCLUSION

fonct canine

Fig. C24: Pour l’école gnathologique, la relation intermaxillaire et l’occlusion maximale sont situées dans une position de Relation Centrée obtenue par manipulation. 
 L’occlusion dynamique est équilibrée à partir de cette l’occlusion centrée. Le mouvement de proclusion doit être guidé sans déviation par les faces palatines des dents antérieures. Le mouvement de latéroclusion centrifuge doit être guidé par la canine. “en protection canine” (C24).
Les dents postérieures ne participent pas au guidage. Leurs relations avec les antagonistes sont seulement envisagées d’un point de vue statique. Les rapports d’occlusion des molaires doivent être calés par des relations tripodiques. 

Les techniques de vérification et d’équilibration de l’occlusion proposées par la théorie gnathologique, sont basées sur l’obtention d’une protection canine en latéralité, exécutée à partir d’une Occlusion d’Intercuspidie Maximale (O.I.M.) située en Relation Centrée. Ce mouvement est de sens inverse de celui des cycles de mastication ou les dents postérieures se rapprochent jusqu’au contact sous l’action des muscles élévateurs.

L’analyse comparée de la cinétique et des recrutements musculaires montre que le mouvement de latéralité ne prend en compte qu’une partie réduite de l’enveloppe fonctionnelle réelle et à l’envers.

Dans le contexte habituel, la mastication n’est jamais prise en compte. Elle n’est donc jamais vérifiée et équilibrée. Il est alors très facile de comprendre et d’observer que des malocclusions et des incoordinations du guidage fonctionnel sont fréquemment oubliées sur les faces occlusales des dents postérieures, avec des conséquences qui n’ont jamais été pu être évaluées par les techniques classiques.

En fonction de l’anatomie occlusale et des rapports d’occlusion, la différence entre latéralité et mastication est plus marquée chez les jeunes adultes avec tout leur potentiel de guidage.

Les dents humaines perdent progressivement leurs caractéristiques optimales par usure, sans aucune possibilité de régénération occlusale. Ce qui se traduit par un aplatissement progressif de l’anatomie occlusale et l’apparition de modes adaptatifs comme des fonctions de groupe, des occlusions balancées ou totalement plates dont les caractéristiques sont trop diverses et personnalisées pour être modélisées, surtout en ne simulant que la seule latéralité.

Par exemple en prenant pour hypothèse un modèle de fonction de groupe totale en latéralité où, bien que les mouvements centrifuges de latéralité et centripètes d’entrée de cycle s’effectuent sur les mêmes surfaces (versants internes des cuspides vestibulaires maxillaire), l’orientation  de ces deux mouvements est inverse et surtout les surfaces de sortie de cycle sont totalement négligées.

La capacité discriminative des mécanorécepteurs dentaires est d’une très grande finesse. On ne peut se contenter d’un modèle approximatif simplifié et incomplet, car les capacités d’adaptation et d’évitement des malocclusions du SNC vont limiter la fonction à des modes adaptatifs très réducteurs pour l’efficacité de la mastication et responsables de déséquilibres et de contractures des muscles impliqués.

Fig. C25 a,b Biocorrosions secondaires à la consommation régulière de sodas contenant de l’acide phosphoric (ph 2,8); c,d biocorrosions secondaires à la consommation régulière de vin à ph acide;  e usures antérieures associées à la perte des calages postérieures; f  usures secondaires à un bruxisme antérieur; g fractures secondaires à un bruxisme antérieur sur des céramiques trop dures.

Les principales conséquences observables en clinique sont des pertes des rapports d’occlusion, de la dimension verticale, le glissement de la mandibule en anté-position adaptative, une frontalisation des cycles et/ou des limitations variées de leur cinétique et de leur enveloppe limite, une perte de l’efficacité masticatoire, des contractures musculaires et divers dysfonctionnements de l’appareil manducateur… Ce sont des conséquences aléatoires de la perte des caractéristiques du modèle initial qui ne peuvent pas servir de références à généraliser pour la reconstruction occlusale.

Comment réhabiliter l’occlusion et l’appareil manducateur dans ces conditions si diverses? 

C’est le modèle de fonctionnement initial qui doit servir de référence pour la reconstruction en l’adaptant aux conditions locales actuelles, en prenant en compte les informations résiduelles du modèle initial, comme la mémoire dynamique de forme des faces occlusales, imprimées dans la forme de l’articulation pendant la croissance.

Certains protocoles de reconstructions comme les pertes de DVO ont été déjà partiellement décrites. les autres protocoles de reconstruction seront décrits dans les chapitres suivants.

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